WANDHAFF - LUXEMBOURG SHOW 2018 :

On peut imaginer que les peintures de Denis Castellas présentées par la galerie Ceysson Benetiere à Wandhaff ont comme origine commune une référence au paysage ou à l'esprit du paysage à l’idée de balade et de ballade comme métaphores d’une vie ( en 2013 la galerie Ceysson & Bénétière a exposé à Genève les peintures reprenant la couverture originelle des « Lyrical ballads » de W.Wordsworth )
Soit que le tableau puisse se regarder comme un paysage (en chinois « montagne/fleuve ») Soit que le paysage (fragments de Rembrandt pour certains de Whistler pour d’autres ) devenu illisible fournisse la trame graphique d’un dialogue avec la couleur qu’on devine flottante (l’énergie noire les planètes les étoiles pourquoi pas).

Cette idée de paysage qui s'est fait plus insistante dans le travail de l’artiste ces dernières années (mais elle se confond avec la notion d’espace plus abstraite ) avait été abordée dans les années 80 dans une forme qui n'était pas celle du tableau. 

Il s’agissait alors « d’objets » (issus de meubles divers) fabriqués à coups de hache et de scie et complétés de fragments photographiques et de traces d’enduit.
Cependant nulle volonté de s’inscrire dans une quelconque tradition du paysage en peinture. 
Le lien logique ou historique n apparaît qu’après coup : les travaux artistiques ne sont la plupart du temps chez Denis Castellas que la succession de hasards et d’incidents dans une pratique : ainsi les paysages « Walden » ne sont apparu que par la grâce d’une toile renversée où le motif triangulaire ne jouait que comme élément décoratif d’un autre sujet Renverser certaines toiles fait disparaître le motif en renverser d’autres révèle des images Paysage intérieur paysage extérieur peu importe de même que l’échelle de mesure. 

A ce propos Castellas aime à citer l’anecdote de ce joueur de golf qui n’ayant plus qu’un coup facile pour remporter une victoire majeure le rate. 
Et il s’en explique - à peu près - ainsi : « il y avait certes la très courte distance entre le trou et mon club mais il y avait surtout la distance presque infinie entre mon oreille droite et mon oreille gauche » 
Le théoricien anglais Stephen Hawking a déclaré récemment qu’il était temps pour l’humanité d’envisager de quitter la terre. 

Quid alors de la peinture et du paysage ? Et bien toujours la peinture.

……………………………………………………………………………………

The common origin of Denis Castellas’s paintings exhibited by Ceysson & Bénètière in Wandhaff might be a reference to landscape and the spirit of landscape, the idea of wander and ballad as metaphors of life (in 2013, Ceysson & Bénétière exhibited a set of paintings around the original cover of W. Wordsworth’s Lyrical Ballads in Geneva).

Either the painting reads as a landscape (“mountain/river” in Chinese”). Or the landscape (a piece by Rembrandt for some, Whistler for others), become unreadable, provides the graphic framework of a dialogue with the vacillating color (dark energy, planets and even stars).
The idea of landscape that has prevailed in the artist’s work over the last years (although it blends with the more abstract notion of space) was tackled in the 80s in a different form than painting.
Back then, it took the shape of objects (from various pieces of furniture) made out of axe blows and strokes of saw, and completed with fragments of pictures and traces of coat.

However, the artist shows no intention to relate to any landscape painting tradition whatsoever.
The historic or logical link reveals itself only afterwards: most often, Denis Castellas’s works result from a succession of random accidents in his practice. Thus, “Walden” landscapes exist only because of an upside down canvas on which the triangular motif only worked as the decorative element for another topic. When putting canvases upside down, motifs disappear and images reveal themselves. Exterior or inner landscape: it does not matter, and neither does the measuring scale.
In that regard, Castellas likes to tell the story of this golf player who, although he only had one easy stroke to win a major round, missed it.

This is how he -more or less- explained it: “There were of course the very short distance between the hole and my club but mostly there were the almost infinite distance between my right and my left ear”.
English theorist Stephen Hawking recently declared it was time for humanity to think about leaving the earth.

What about painting and landscape then? Well painting remains.

Zelda Jingu

……………………………………………………………………………………

PRESS RELEASE CHAGALL MUSEUM - Nice 2014

La surabondance des images auxquelles Denis Castellas a eu recours dans sa peinture - portraits d’enfants, de musiciens, de philosophes, reproductions d’objets divers, éléments de bandes dessinées… - pourrait amener à la conclusion que son oeuvre, puisant dans des registres si divers, participe elle-même à l’incommensurable et proliférante iconographie contemporaine.

Il n’est qu’à regarder ses oeuvres pour se rendre compte que l’image qui advient sur la toile n’est peut-être qu’un alibi, qu’un prétexte pour affirmer la réalité première de la peinture et du geste qui la sous-tend.
Sans occulter les significations profondes des sujets représentés, sans oublier les résonances que ces derniers peuvent faire entendre, chaque toile que l’artiste réalise, est un chantier dans lequel les formes visibles résultent de bien nombreuses interventions où les traces colorées ou autres signes graphiques cohabitent avec les marques de gommage et d’effacement, de recouvrement et de saturation.
Les oeuvres auxquelles l’artiste travaille présentement confèrent à ces repentirs assumés un statut nouveau où l’incertitude et l’errance font la démonstration de leur force créatrice.

Comme le précise l'artiste lui-même, « l'exposition au musée Chagall est, pour l’essentiel, constituée d’œuvres réalisées ces deux dernières années et d’objets réalisés, eux, dans les années 1980 ou 1990.

Les oeuvres de ces dernières années marquent une rupture avec la période picturale précédente, comme les objets constituaient une rupture avec ce qui les précédait. En dehors de la simplification des gestes dans la mise en oeuvre, je pense que, dans l’un comme dans l’autre cas, on est confronté à un sentiment relevant de la poésie comme lecture du monde et comme moyen de l’habiter. »

……………………………………………………………………………………

The plethora of images that Denis Castellas employs in his paintings -portraits of children, musicians, philosophers, reproductions of various objects, parts of comic strips ... - might lead us to conclude that by drawing on such diverse sources, his work contributes to the immeasurable proliferative and
contemporary iconography.

You only have to look at his works to realise that the image that appears on the canvas is perhaps only an alibi, a pretext for asserting the primeval reality of the painting and the underlying gesture.

Without hiding the deeper meanings of the subjects portrayed, not to mention the resonances that these may produce within you, each painting that the artist produces, is a construction site whose visible forms are the result of many comings and goings and where coloured marks or other graphical elements sit side by side with rubber marks and signs of rubbing out, recovery and saturation.
The paintings on which the artist is currently working give these apparent reworkings a new status where uncertainty and restlessness are proof of their creative force.

As the artist himself points out, "the exhibition at the Chagall Museum mostly consists of paintings
produced over the past two years and objects produced in the Eighties or Nineties.

The recent paintings mark a departure with the previous pictorial period just as the objects are a break from what came before. "Aside from the simplification of movements in producing the work, I believe that in both cases, we are confronted with a feeling that resembles poetry as a way of interpreting and living within the world". "
……………………………………………………………………………………

Thierry de Duve text on Phaidon New Perspectives on Paintings :

Le monde 2007 Philippe Dagen text :

Le monde 2003 Philippe Dagen text :

Artnews May 2001 Laurie Attias text :

Le monde 2001 Philippe Dagen text :